Qu’est-ce que la viticulture biologique en Champagne ?

Son histoire


Globalement, l'agriculture biologique apparaît dans les années 60, au moment où justement l'agriculture intensive commence à croître.
En 1962, l'Association Française pour l'Agriculture Biologique (AFAB) voit le jour en France, mais rien n'est clairement défini par une loi. Il faudra attendre 1980 en France pour qu'une loi et un décret apparaissent et définissent clairement les conditions d'homologation avec un cahier des charges à respecter. L'Europe suivra le pas en 1991 avec le règlement européen CE 2092/911, commun à l’ensemble des pays de l’Union Européenne.

Logo agriculture biologique, Ecocert, Qualité France, UE

Les logos liés à l'agriculture biologique

Pour faire respecter ce cahier des charges, des contrôles sont effectués par des organismes certificateurs agréés par l’Etat (comme le label Ecocert) et donnent le droit aux producteurs d’utiliser, pour leurs produits, la mention “agriculture biologique” ainsi que le logo AB. Les substances actives autorisées pour les traitements, les types d’amendement et de fertilisation sont définis dans des listes positives, toute alternative n’y figurant pas est, de fait, interdit.

Elaboration d’une viticulture bio


Vigne de champagne bio avec enherbement naturel Visitez un vignoble bio et comparez par rapport à une parcelle de vigne dite "conventionnelle" les différences seront flagrantes. La faune et flore qui se trouvent dans la vigne bio contribuent au développement des ceps. La terre n'est pas tassée, beaucoup plus meuble et riche. Les produits de synthèse ayant été supprimés, la vie dans la vigne a repris son droit : différents insectes et différentes herbes y sont présents... Les viticulteurs champenois en agriculture biologique s’astreignent donc à utiliser des produits exempts de molécules organiques de synthèse (donc, interdiction du désherbage chimique et de l'utilisation de produits de traitement).
Pour la culture de la vigne, ils emploient des matières premières d’origine naturelle pour le traitement (cuivre et soufre) et la phytothérapie (tisanes ou extraits fermentés de plantes) et cherchent à promouvoir la lutte naturelle entre les espèces.
Leur objectif est de privilégier la vie des sols, la pérennité des espèces animales et végétales favorisant alors l’écosystème naturel. De ce fait, une grande partie des champagnes bio proviennent d’une viticulture biodynamique.
La biodynamie consiste à intensifier les échanges entre la plante et son environnement (terre et air) de façon à obtenir de meilleurs raisins et donc de meilleurs vins. La biodynamie cherche à renforcer la vitalité et la résistance des plantes, en améliorant les échanges naturels entre le sol et les racines, et entre le ciel et les feuilles... afin d’optimiser l’expression du terroir dans les raisins et donc dans le vin. A cet égard, les vins biodynamiques sont censés garantir une meilleure expression du terroir.

Même si l’objectif principal de la viticulture biologique est le respect de l'écosystème et de la santé, d'autres éléments viennent justifier son développement :

  • Le travail supplémentaire entrepris sur la qualité de la vigne produit des résultats : les vins bios sont régulièrement primés dans les concours de "vins conventionnels". Elle permet donc d’élaborer des champagnes de qualité.
  • Cette viticulture biologique permet aussi de préserver et même de créer des emplois. Les techniques culturales de la viticulture biologique rendent obligatoire un suivi régulier des vignes, avec des interventions raisonnées et des opérations manuelles qui, au total, requièrent plus de main d'oeuvre qu'en viticulture conventionnelle.
  • Elle permet aussi, en n'utilisant pas d'herbicide, de contribuer à diminuer les risques de pollution des nappes phréatiques.

Le champagne bio dans tout ça ?


Avant 2012, il n’existait pas de vin purement biologique mais juste des vins provenant de raisins issus de l'agriculture biologique. Mais, depuis, un nouveau règlement mis en application le 1er août 2012, une certification pour la vinification, a vu le jour pour ainsi réduire le dosage en sulfite et limiter l’utilisation du soufre.
Les producteurs bio peuvent, par rétroactivité, prouver la conformité de leur vin aux nouvelles contraintes.